La cérémonie d’ouverture des Championnats d’Europe de Judo Adapté 2025 à Conegliano était empreinte d’énergie et de fierté. Cependant, au milieu des lumières vives et des célébrations, un moment de profonde émotion et de souvenir a figé l’arène.
Le Dr Tóth László, Président de l’Union Européenne de Judo, est monté sur scène pour honorer l’une des figures les plus respectées du judo italien. Dans un hommage émouvant, il a décerné un certificat de 9e Dan à titre posthume à Bernardino De Carlo, un homme dont la vie a été dédiée à la croissance et à l’esprit du judo italien. Pendant plus de deux décennies, Bernardino a été membre du conseil de la Fédération Italienne de Judo, contribuant sans relâche au sport qu’il aimait de tout son cœur.
Les Larmes d’un Fils, l’Héritage d’un Père
Alors que le certificat était remis, son fils, Enzo De Carlo, se tenait devant la foule, visiblement ému. « J’ai beaucoup d’émotions, » a-t-il dit doucement, sa voix tremblante alors que les souvenirs affluaient. « Mon père est décédé en 2021, et son grand rêve était d’atteindre le 9e Dan, mais cela n’a pas été possible. Maintenant, pour moi et ma famille, c’est un grand jour. »
L’attribution a été une surprise totale pour Enzo, qui n’était pas au courant de la cérémonie. « C’était incroyable, » a-t-il déclaré, souriant à travers ses larmes. « Mon frère n’a pas pu venir car nous ne le savions pas, mais ma famille, ma femme, mes filles, tout le monde était là. C’était une émotion incroyable. »
Alors qu’une vidéo hommage était projetée à l’écran, le public regardait en silence, tandis qu’Enzo revivait des décennies de souvenirs. « Dans mon esprit, c’était toute ma vie, » a-t-il dit. « La première fois que je suis monté sur le tatami, j’avais quatre ans. J’ai essayé de m’éloigner du judo, mais c’est impossible. C’est une partie de moi, c’est une partie de nous. »
Une Vie Tissée dans le Tatami
L’influence de Bernardino se faisait profondément sentir dans le judo italien. Ses athlètes, collègues et amis, nombreux parmi le public, ne pouvaient retenir leurs larmes. « Là-bas, » a dit Enzo en désignant les gradins, « ce sont les athlètes de mon père. Tout le monde pleurait. C’était magnifique. »
Pour Enzo, ce moment était comme entendre à nouveau la voix de son père. « Il me racontait toujours les mêmes histoires, mille, peut-être deux mille fois, » a-t-il dit en riant avec tendresse. « Les mêmes histoires, toujours les mêmes, mais maintenant je me souviens de chacune d’elles. On dirait qu’il est encore là. »
Lorsqu’on lui a demandé à quoi son père aurait ressemblé s’il avait pu voir ce moment, les yeux d’Enzo se sont illuminés de chaleur. « Mon père n’était pas grand, » a-t-il dit, « mais il était plein de vie, très particulier. Il voulait toujours manger à exactement midi. Quand il allait aux compétitions, il ne mangeait rien, juste buvait un café et se promenait, plein d’énergie. Il était plus grand d’esprit ces jours-là, heureux, fier. Le judo était sa vie. »
Une Inspiration Durable
La cérémonie à Conegliano est devenue plus qu’une simple reconnaissance formelle ; c’était une réunion de mémoire et de gratitude. Pour la famille De Carlo, ce 9e Dan était l’accomplissement d’un rêve, une célébration d’une vie consacrée au judo, et la promesse sincère d’un fils que l’héritage de son père ne s’effacerait jamais.