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Judo et Arts Martiaux : Mon Parcours pour Redonner

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Le médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Rio 2016, Cyrille Maret, est de retour sur le tatami et l’énergie est indéniable. Cette intensité tranquille, cette présence puissante, cette étincelle inconfondable d’un homme qui a vécu et respiré le judo toute sa vie. Il est arrivé à Chisinau en tant que nouvel entraîneur principal de l’équipe masculine U23 de France.

« Oui, ça fait longtemps, »« C’est mon premier tournoi avec cette équipe, ma première étape dans ce nouveau chapitre. »

Après des années à collectionner des médailles et d’innombrables moments de classe mondiale, Maret a pris un tournant, s’éloignant du tatami pour entrer dans le monde de la construction. Pendant trois ans, il a échangé son judogi contre des casques de chantier. « Il était important pour moi de m’arrêter complètement, »« Quand on termine une carrière, il faut fermer la porte un moment. Le judo était ma vie, mais je devais construire autre chose, littéralement. J’ai travaillé sur des chantiers à un niveau de gestion. »

Un Appel de la Maison

Il y a quelques mois, cependant, la Fédération Française de Judo l’a contacté pour discuter de son avenir, de son expérience et de la prochaine génération qui avait besoin de leaders comme lui. « Je leur ai dit que j’étais prêt, »« Après trois ans, ça me manquait. Le judo est ma vie. Je voulais revenir, donner mon expérience aux jeunes athlètes français. »

Maintenant, dans son nouveau rôle qu’il a commencé en septembre, Maret est totalement investi. Basé à l’INSEP à Paris, il travaille aux côtés de Nicolas Mossion, dirigeant un groupe dynamique et avide de jeunes judokas désireux de marquer leur empreinte. « Nous construisons quelque chose de solide, »« Ils veulent toujours plus. Ils s’entraînent dur, ils combattent dur et cette énergie me motive aussi. »

De Receveur à Donneur

La transition d’athlète d’élite à entraîneur semble naturelle pour Maret. « Pendant ma carrière, j’ai reçu tellement de choses, de la part d’entraîneurs, d’amis, de la famille. Le judo semble être un sport individuel, mais on ne peut pas le faire seul. Maintenant, c’est mon tour de rendre. »

Cette philosophie définit son style d’entraînement : intense, honnête et ancrée dans le respect. « Je suis un peu à l’ancienne, »« Le judo est un sport de combat. Si tu ne t’entraînes pas dur, tu ne peux pas atteindre les sommets. Ma philosophie est simple : entraînement intense, bonne compétition, bon esprit. »

Un Coaching Pratique… Littéralement

Maret n’est pas du genre à rester sur la touche. Il monte sur le tatami avec ses athlètes, ressentant la prise, le rythme, la lutte. « Il est important de pratiquer avec eux. Quand tu expliques le judo, ils doivent le ressentir : le kumi-kata, le timing, la connexion. C’est ainsi qu’ils apprennent. »

Il partage cette philosophie avec Automne Pavia, une autre médaillée olympique qui entraîne maintenant l’équipe féminine. « C’est formidable pour les jeunes de s’entraîner avec des personnes qui ont été là. Ils peuvent voir que c’est réel. Ils peuvent le ressentir. »

Chaque vendredi à l’INSEP, les équipes masculine et féminine se réunissent pour une grande session intense, tout le monde combattant tout le monde. « C’est la manière française, »« Nous nous entraînons en équipe, nous nous poussons les uns les autres. L’esprit est fort, un groupe, une énergie. »

Être Prêt à Combattre

Alors, quel est son objectif en tant qu’entraîneur principal U23 ? Maret n’hésite pas. « Je veux les aider à être prêts, non seulement à s’entraîner, mais à combattre. À gérer la pression, l’adrénaline, le moment. L’ambition ne vaut rien sans action. »

Lorsqu’on lui demande de comparer sa génération à celle d’aujourd’hui, il marque une pause. « C’est différent. À mon époque, nous étions juniors comme Teddy [Riner], Hugo [Legrand], Axel [Clerget]. Nous n’avions pas toutes les distractions, les téléphones, les réseaux sociaux, tout ça…, mais cette génération a toujours la même flamme. Ils veulent travailler. Ils veulent grandir. Les valeurs du judo sont toujours là, et c’est ce qui compte. »

L’histoire de Maret semble faire un cercle complet, du chantier au dojo, de l’étudiant au mentor, de la réception à la donation. « Je suis heureux, »« J’ai eu mon temps sur le tatami. Maintenant, j’aide les autres à vivre le leur. C’est un nouveau défi, mais c’est toujours du judo, c’est toujours ma vie. Je suis exactement là où je dois être. »

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