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Judo et Arts Martiaux : Vivre avec Passion et Détermination

Fighting With Heart: Marine Gilly’s Life on and off the Tatami

Pour Marine Gilly, 2025 a été une saison de progrès mesuré, construit sur la conviction. Quatre médailles lors du Tour Européen ont confirmé sa constance, faisant d’elle l’athlète la plus performante du circuit cette année. Plus important encore, ces résultats montrent qu’elle se rapproche de plus en plus du Tour Mondial de la IJF.

« Tout repose vraiment sur l’expérience, » commence-t-elle. « Je travaille chaque jour, techniquement et tactiquement, pour être constante à ce niveau. L’objectif est d’atteindre les podiums des Grands Prix et des Grands Slams. J’espère bientôt avoir l’opportunité de concourir à nouveau sur le circuit de la IJF et d’y gagner une médaille. »

La catégorie féminine -48kg en France est notoirement impitoyable. Suivre le rythme est difficile ; percer l’est encore plus. « En France, le niveau est très compétitif, » explique-t-elle. « Il y a beaucoup de rivalité, donc il est important de rester parmi les meilleures athlètes françaises si l’on veut gagner des médailles lors des Opens Européens ou des événements de Grand Prix. Il faut toujours faire plus, surtout mentalement, pour médailler à ce niveau. »

Au-delà de la médaillée olympique Shirine Boukli, Marine cite un groupe familier de rivales nationales : « Il y a plusieurs athlètes fortes : ma petite sœur Coralie Gilly, Mélanie Clément, Anaïs Perrot, Laura Espadinha… la compétition est intense. »

Pourtant, sa motivation est alimentée par ces petites aperçus de la proximité qu’elle a avec l’élite mondiale. L’un d’eux est survenu plus tôt cette année, sur la plus grande scène de toutes. « Quand j’ai combattu Tara Babulfath au Grand Slam de Paris, j’ai réalisé que je n’étais pas loin du sommet. Elle venait de gagner une médaille olympique, et j’ai perdu en golden score après sept minutes, sur un yuko au sol. Je me sentais bien. Je n’étais pas loin de retourner le match en ma faveur. Cela m’a vraiment motivée. »

Marine et sa sœur cadette Coralie se sont affrontées plusieurs fois sur la scène internationale, un scénario aussi émotionnel que rare. « C’est toujours difficile de combattre ma petite sœur, » admet-elle. « Nous sommes très proches. C’est compliqué car les émotions prennent le dessus. » C’est difficile pour leur mère aussi : « Elle veut que nous gagnions toutes les deux. Elle ne regarde pas vraiment quand nous nous battons l’une contre l’autre. »

Cependant, le judo reste une passion partagée, un rythme familial qui a façonné les trois sœurs Gilly (Amélie est l’aînée). « Nous vivons des moments inoubliables ensemble à travers le monde, » dit Marine. « Nous nous soutenons chaque jour à l’entraînement et en compétition. Ce sont des souvenirs que nous garderons toute notre vie. »

Coralie reste sa partenaire la plus proche sur le circuit : « En compétition, je suis toujours là pour encourager ma sœur. Notre rêve est toujours de nous retrouver en finale. Quand cela arrive, notre objectif est atteint. »

Leurs racines familiales dans le judo sont profondes : la sœur aînée de Marine, Amélie, a concouru à l’international en junior et fait maintenant partie de l’équipe française de ju-jitsu ne-waza. « Mon père était notre entraîneur dans notre premier club. Le judo fait vraiment partie de la famille. »

Le programme hebdomadaire de Marine est implacable : séances de force, travail technique dans son club, randori à l’INSEP, compétitions le week-end et enseignement du judo durant la semaine, tout en complétant sa qualification d’entraîneur. « Ma semaine d’entraînement est dense, » dit-elle avec understatement. « J’ai de l’entraînement en force, des séances techniques, du randori à l’INSEP avec les meilleurs judokas français, plus des compétitions et les cours que j’enseigne. C’est beaucoup. »

Sur le plan financier, elle dépend uniquement de son club, le Judo Club Maisons-Alfort. « Ils me soutiennent mais je travaille aussi pour financer ma carrière. Je cherche des partenaires et des sponsors pour m’aider à continuer à un niveau élevé. »

Pour rester ancrée, elle protège sa vie en dehors du judo : « Je suis très organisée. J’aime passer du temps avec mes amis, ma famille, mon petit ami et mon petit chien. Il est important de se déconnecter du sport de haut niveau et de se ressourcer. »

Son jour de repos parfait ? « Une longue grasse matinée, un brunch à la maison avec mon partenaire, un après-midi de shopping, j’adore ça, et une soirée entre filles avec mes amies pour discuter et me détendre. »

Marine se décrit souvent comme « une maman de chien, » et Tyara est plus qu’un animal de compagnie, elle est son équilibre émotionnel. « Quand je rentre chez moi après une journée d’entraînement difficile, c’est un vrai plaisir de la voir, » sourit-elle. « Si j’ai eu une journée difficile, je sais qu’elle m’attendra et qu’elle me fera sourire. Lors de mes jours de repos ou en vacances, elle fait toujours partie de ma routine. C’est une petite bulle d’amour. »

Tyara a même son propre compte Instagram : « Nous l’avons créé pour poster des photos d’elle quand elle était petite et grandissait. Nous ne l’utilisons plus beaucoup maintenant, mais c’était surtout pour nous et nos amis ! »

Le soutien le plus fort de Marine vient de son partenaire, l’ancien judoka de niveau national Thomas Macrez. « Nous nous sommes rencontrés grâce au judo il y a plus de 14 ans, » dit-elle. « Nous avons entraîné ensemble dans l’équipe cadette française et au centre national d’entraînement de Bordeaux. Nous sommes ensemble depuis plus de 11 ans. »

Thomas a pris sa retraite du judo compétitif il y a trois ans, mais sa présence reste centrale. « Il m’aide chaque jour, » dit Marine. « Si j’ai besoin de travailler techniquement, il est mon partenaire. Il connaît les filles de ma catégorie, il connaît mes forces et il a un regard extérieur. Il a une réelle confiance en moi et c’est un énorme soutien. »

Avoir un partenaire qui comprend le sport d’élite est inestimable : « Il connaît la discipline, les doutes, les sacrifices. Cela apporte un équilibre. C’est la personne à qui je me confie. »

En regardant vers l’avenir, les aspirations de Marine sont audacieuses mais claires. « Mes ambitions pour les prochaines années sont de gagner des médailles aux Grands Prix et aux Grands Slams, de me qualifier pour les Championnats du Monde et d’Europe et d’y prendre une médaille, et bien sûr, j’ai toujours en tête les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, même si la compétition en France est très forte. »

Percer dans le Tour Mondial signifierait beaucoup : « Ce serait une vraie récompense, pour m’exprimer et gagner des compétitions à l’international, mais d’abord, il faut prouver notre valeur en France. »

Son rêve à long terme ? Elle n’hésite pas : « Mon plus grand rêve est une médaille olympique à Los Angeles 2028, ainsi que des médailles européennes et mondiales, mais surtout, je veux profiter de mon sport, aller à l’entraînement avec motivation et vivre pleinement ces moments uniques. Nous ne vivons cela qu’une seule fois. »

Voyager l’aide à trouver cette énergie. « J’adore voyager, Bali, Dubaï, le Mexique. Cela m’aide à me déconnecter complètement et à repartir avec une nouvelle énergie pour de grandes périodes d’entraînement. »

Marine sait exactement où se trouvent les batailles les plus difficiles. « En France, les cinq premières dans la catégorie : Boukli, Perrot, Espadinha, Clément et ma sœur cadette Coralie, plus les jeunes qui arrivent. À l’international, les gauchers me posent des problèmes, surtout les Japonais et les Chinois, qui sont rapides, explosifs et forts avec les mains. De plus, les athlètes russes sont physiquement forts et très bons au sol. »

Son partenaire d’entraînement rêvé ? « Uta Abe. Elle est complète, rapide, fluide, forte debout et au sol. Elle a un judo explosif. J’adore la regarder. »

La compétition ne l’empêche pas de nouer des liens. « Ma meilleure amie sur le circuit est Blandine Pont. Elle est aussi ma meilleure amie en dehors du judo. Nous sommes inséparables ; on nous appelle même Tic et Tac ! Nous nous entraînons ensemble tous les jours et nous aimons rire. »

Elle croit que l’amitié n’interfère pas avec la compétition : « Ce qui se passe sur le tatami reste sur le tatami. En dehors, nous pouvons discuter et apprendre à nous connaître. »

Interrogée sur son message à la prochaine génération, Gilly est claire : « N’abandonnez jamais. Soyez déterminés. Le chemin sera difficile, avec des remises en question constantes, mais c’est la plus belle chose que vous vivrez jamais. Les émotions, les personnes que vous rencontrerez, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Ce n’est pas toujours facile mais ça en vaut la peine. Ce que je vis est unique et je ne l’échangerais pour rien au monde. »

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