La finale des +78 kg féminins était un affrontement français, avec Célia Cancan face à sa partenaire d’entraînement, Léonie Minkada-Caquineau. Comme l’année précédente, c’est Cancan qui s’est imposée, défendant son titre de championne d’Europe junior et prouvant une fois de plus que l’or lui appartient.
À seulement 19 ans, Cancan semblait déjà être la senior dans ce match contre sa coéquipière de 17 ans. Les deux judokas se connaissaient parfaitement grâce à de nombreuses séances sur le tatami de l’INSEP, ce qui a transformé la finale en un véritable match d’échecs plutôt qu’en une démonstration de projections. Les premières minutes n’ont pas apporté de point, seulement des éclairs d’ashi-waza et des balayages de pieds. Peu à peu, le plan tactique de Cancan a commencé à prendre forme.
Les arbitres ont d’abord pris part au match : Minkada-Caquineau a reçu un shido précoce pour passivité, puis un autre alors que le combat s’étirait dans la troisième minute. Cancan a également récolté un shido, mais avec sa patience et son calme, elle a contraint sa rivale dans un coin. Dans la dernière minute, le troisième avertissement contre Minkada-Caquineau a scellé le résultat. Une poignée de main, un hochement de tête, et Cancan était de nouveau championne, sans être la finale la plus spectaculaire, mais d’une pure maîtrise tactique.
Pour Cancan, c’était la troisième défense de titre réussie de la journée dans différentes catégories. En tant que tête de série, elle avait facilement traversé ses tours précédents, éliminant même l’Estonienne Emma Aktas, fraîchement revenue d’une cinquième place aux Championnats du Monde seniors à Budapest. La confiance n’a cessé de croître tout au long de l’année, elle a déjà remporté l’or chez les seniors au Grand Prix de Linz et suit désormais le chemin de ses idoles Romane Dicko, Léa Fontaine et Julia Tolofua. Une tradition demeure : après la cérémonie de remise des médailles, son premier appel est pour sa mère.
Célia Cancan :
« Je suis fière de moi. J’ai beaucoup travaillé durant ma préparation et tout au long de la journée, et maintenant, j’ai réussi. Peut-être encore l’année prochaine ! Léonie est plus jeune, 17 ans, et nous nous connaissons très bien grâce aux entraînements à Paris. Bien sûr, je voulais gagner par ippon, mais lorsque le premier shido est arrivé, j’ai su que ce serait un combat tactique. »
« Comparé à l’année dernière, je me suis sentie moins sous pression car je connais mieux les autres judokas maintenant. Néanmoins, après quelques bons résultats chez les seniors, je voulais prouver à nouveau ma valeur. Je vais rester dans cette catégorie, +78 kg. »
Et après ? « Les Mondiaux juniors à Lima. Puis les Championnats de France en novembre, qui sont cruciaux pour mon parcours vers les grands tournois seniors, y compris le Grand Slam de Paris. »
Elle ajoute : « Je viens de Toulon, mais cela fait deux ans que je suis basée à Paris pour m’entraîner. C’était un grand changement, mais nécessaire. Et ce titre ? C’est pour ma mère. Elle m’a appelée juste après le combat, mais je n’ai pas pu répondre, je vais la rappeler dès que possible. »
Dans les combats pour la médaille de bronze, Emma-Melis Aktas a pris sa revanche pour sa demi-finale perdue et a sécurisé la deuxième médaille de bronze de la journée pour l’Estonie, projetant Roxana Visa (ROU) pour ippon au milieu du match. Pendant ce temps, la puissance israélienne Yuli Alma Mishiner a remporté l’autre bronze, battant la Slovaque Nina Filkorova. Pour Mishiner, cela marque une remarquable troisième médaille de bronze consécutive aux Championnats d’Europe juniors depuis 2023. Ce n’est pas l’or dont elle rêve, mais c’est tout de même une médaille précieuse.
La France, quant à elle, continue de régner en maître dans la catégorie féminine des poids lourds, remportant sept des dix derniers titres aux Championnats d’Europe juniors.
