Lorsque Slavko Tekic parle de judo, il le fait avec la conviction calme de quelqu’un qui a vu ce sport se transformer à travers les nations, les générations et les styles de combat. Aujourd’hui, en tant que l’un des entraîneurs principaux derrière le succès du judo en Azerbaïdjan, Tekic se trouve au cœur d’une histoire sportive remarquable, une histoire qui a conduit l’équipe sur le podium au plus haut niveau, y compris deux médailles d’or olympiques.
Lors de l’Open d’Europe à Prague, où l’équipe azerbaïdjanaise est en compétition, Tekic réfléchit à ce qui a alimenté ce succès. Pour lui, cela se résume à une fusion de tradition, d’innovation et surtout, de confiance.
Un style qui leur est propre
Les combattants azerbaïdjanais ne sont pas liés à une approche rigide. Au contraire, explique Tekic, ils ont cultivé un style polyvalent qui combine des techniques classiques avec une volonté de s’adapter.
« Dans le combat rapproché, il s’agit d’un combat très serré et d’une maîtrise des techniques profondes, comme le kata-guruma ou l’ippon-seoi-nage depuis le genou », déclare Tekic. « Il est typique qu’ils se battent de manière classique, ce qui n’était pas vraiment azerbaïdjanais auparavant. Mais maintenant, nous l’avons intégré dans notre système. »
Ce qui émerge est un style qui équilibre la puissance brute et la précision technique, permettant aux judokas de surprendre des adversaires qui pourraient s’attendre à un jeu plus unidimensionnel.

Il n’y a pas de limite à ce qu’ils peuvent accomplir
Une équipe d’entraîneurs aux multiples forces
Derrière les athlètes se trouve un groupe d’entraîneurs, chacun apportant ses propres spécialités. Cette diversité d’expertise, selon Tekic, est cruciale.
« Chaque entraîneur a sa propre force. Certains sont très bons avec les prises croisées, d’autres excellent avec les projections classiques, ou avec la préparation tactique avant les matchs », explique-t-il. « Chacune des forces contribue au succès global de l’équipe. »
Cette approche collective, où aucun entraîneur ne domine, crée un environnement d’entraînement riche où les athlètes peuvent apprendre de différentes perspectives et se développer en combattants complets.
Confiance et résultats
Dans le sport, les résultats sont la mesure ultime de la confiance. Pour l’Azerbaïdjan, ces résultats parlent d’eux-mêmes : deux champions olympiques ces dernières années. Tekic attribue cela non seulement à la détermination des athlètes, mais aussi à l’unité au sein de l’équipe d’entraîneurs et au soutien de la direction.
« Si Richard Trautmann (l’entraîneur principal) élabore un plan de compétition pour l’année, une fois qu’il est sur la table, notre général est d’accord avec cela », explique Tekic. « C’est ce que nous avons fait au cours des deux dernières années, et les résultats montrent que c’était juste et bon. Il y a de la confiance, et nous continuerons d’avancer. »
La confiance a donné aux entraîneurs la liberté d’innover et de préparer à long terme, sans être remis en question à chaque tournant. Et lorsque cette liberté se traduit par des médailles d’or olympiques, cela renforce le système pour l’avenir.
Regarder vers l’avenir
Les Jeux Olympiques de Paris peuvent déjà être derrière eux avec deux médailles d’or, mais pour Tekic et son équipe, le parcours est loin d’être terminé. Le prochain cycle olympique se profile, et avec lui, de nouvelles ambitions. Tekic insiste sur le fait que le feu intérieur des athlètes n’a fait que grandir.
« Chacun veut être meilleur. Chacun a une chance », dit-il. « Et il n’y a pas de limite à ce qu’ils peuvent accomplir s’ils continuent à pousser. »
Avec un investissement continu dans le sport, et avec l’Azerbaïdjan désormais fermement établi comme une puissance du judo, le défi n’est plus de prouver que le succès est possible, mais de le maintenir.
Un modèle de croissance
L’histoire de l’essor du judo en Azerbaïdjan est plus qu’un récit sportif. C’est une étude de cas sur la manière dont une nation peut développer des talents, autonomiser les entraîneurs et faire confiance à une vision à long terme. Tekic, avec sa présence constante et sa richesse d’expérience, incarne cette philosophie. Vivre la vie en Azerbaïdjan fait une grande différence, Slavko est toujours là pour l’équipe.
Des tatamis de Bakou aux arènes d’Europe, il a contribué à façonner un système qui prospère grâce à la collaboration et à l’adaptabilité. Et alors qu’il se tourne vers l’avenir, Tekic croit que l’équipe est seulement au début de ce qu’elle peut accomplir.
« Notre succès est venu parce que nous avons cru en les athlètes et en nous-mêmes », réfléchit-il. « C’est le chemin à suivre. Les médailles en sont la preuve, mais la véritable victoire est la confiance que nous avons construite. »