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Judo et arts martiaux : Guide pour un tour du monde réussi

Closing the Gap to the World Tour

À 26 ans, la judokate suisse Gioia Vetterli entre dans une phase importante de sa carrière sportive. Après des années de progression constante, elle se trouve maintenant à l’orée du Tour mondial de la IJF, prête à convertir son succès européen en résultats sur la scène mondiale. Cette saison a offert des signes clairs de son développement, marqué par des victoires lors des événements Open européens à Prague et Ljubljana, ses meilleures performances seniors à ce jour.

Vetterli a commencé son parcours international à un jeune âge, participant aux niveaux cadet, junior et U23. En regardant en arrière, elle dit que le plus grand tournant est survenu lorsqu’elle a intégré la compétition senior. « Je devais devenir plus forte mentalement, pas seulement techniquement », explique-t-elle. « Mon premier podium à une Coupe d’Europe en 2017 a été un autre moment clé. Cela m’a montré que je peux vraiment concourir à ce niveau. » S’entraîner régulièrement avec des partenaires internationaux l’a également aidée à comprendre l’écart qu’elle devait combler.

Sa montée des succès en Coupe d’Europe aux titres Open européens ne s’est pas faite par hasard. Vetterli a consacré un temps considérable à l’affinement technique, en particulier dans sa prise et dans les transitions entre le travail debout et au sol. Mais le changement mental a été tout aussi important. « J’ai commencé à avoir plus confiance en moi. J’ai appris non seulement à participer, mais à prendre le contrôle du match », dit-elle. « Travailler avec un coach mental m’a vraiment aidée à franchir cette étape. »

Malgré ces améliorations, elle reconnaît qu’il reste encore du travail à faire pour atteindre les podiums lors des événements Grand Prix et Grand Slam. « À ce niveau, les athlètes sont extrêmement constants et tactiquement affûtés. Les petites erreurs peuvent tout coûter », dit-elle. La différence d’intensité est particulièrement frappante. « Il n’y a pas de place pour respirer à ce niveau. La prise commence immédiatement et toute hésitation est punie. » Son plan est de développer un répertoire tactique plus large et de continuer à renforcer sa confiance face aux meilleurs au monde. « Je travaille à être moins prévisible et à vraiment croire que j’ai ma place à ce niveau. »

Les progrès de Vetterli interviennent à un moment où le judo suisse connaît une montée notable dans toutes les catégories d’âge. Elle attribue cela à des structures améliorées et à une planification à long terme. « Il y a eu un véritable investissement dans les parcours de performance et plus de cohérence de la jeunesse à l’élite », dit-elle. « Les environnements d’entraînement deviennent plus professionnels, et il y a plus d’exposition internationale dès le départ. »

La question de savoir si la Suisse pourrait qualifier une équipe plus substantielle pour les Jeux Olympiques de 2028 ne lui semble plus irréaliste. « Avec la bonne continuité, oui. Plusieurs athlètes suisses ont montré qu’ils peuvent concourir à l’international et certains sont déjà proches de la zone de qualification. » Elle ressent un changement dans la culture nationale également. « La Suisse construit une culture de performance pas à pas. Nous avons accès à des choses comme la nutrition sportive et le programme militaire de sport maintenant. L’accent mis sur le professionnalisme a définitivement augmenté. »

Une partie de la structure suisse comprend deux principaux centres d’entraînement, l’un dans la région francophone, l’autre dans la région germanophone. Plutôt que de voir cela comme une division, Vetterli pense que le système dual fonctionne. « Nous avons des séances d’entraînement nationales une fois par mois où tous les athlètes se réunissent. Il est important de s’aligner techniquement et tactiquement à travers les régions. » La vie quotidienne joue également un rôle. « La distance de voyage est importante. La Suisse est petite mais les athlètes ont besoin que l’entraînement soit accessible lorsqu’ils équilibrent études ou travail. »

Ses prochains défis sont clairs. Sur le plan sportif, elle vise à rester en bonne santé et à bâtir de la constance à des niveaux plus élevés. Au-delà du judo, combiner le sport d’élite avec ses études en sciences du sport reste un équilibre exigeant mais significatif. Techniquement, elle espère élargir ses options d’attaque et affiner ses réactions sous pression. « Je veux devenir plus polyvalente et ajouter plus de variété à mon judo », dit-elle.

Vetterli vit la réalité multilingue de nombreux athlètes suisses et la considère comme un avantage. Elle parle suisse-allemand, allemand, français, anglais et un peu d’italien. En dehors du tatami, ses journées tournent autour de l’entraînement et de l’université. Comme la plupart des athlètes suisses, elle s’appuie sur une combinaison de systèmes de soutien : « Je reçois un soutien de la fédération, de Swiss Sports Aid et de l’armée suisse dans le cadre du programme militaire de sport. »

Qu’est-ce qui aiderait les athlètes suisses à franchir le cap à l’international ? Vetterli répond sans hésitation. « Le financement ferait la plus grande différence. Les installations sont bonnes mais sans sécurité financière, il est difficile de planifier une carrière compétitive à plein temps. » Les voyages, les camps d’entraînement et la préparation à long terme sont essentiels pour la qualification olympique, et elle croit qu’un investissement soutenu est clé.

Ce qui la motive aujourd’hui n’est pas seulement l’ambition personnelle, mais aussi la conviction qu’elle peut contribuer à une nouvelle ère pour le judo suisse. « Je crois que je peux rivaliser avec les meilleurs, et je veux faire partie de l’essor de la Suisse à l’international. Chaque petit pas en avant me motive. » En regardant plus loin, elle espère que son parcours pourra inspirer d’autres. « J’aimerais être mémorisée comme quelqu’un qui a persévéré, qui a montré qu’avec de la résilience et de la détermination, il est possible de réussir à l’international même depuis un petit pays. »

Avec le Grand Prix de Zagreb concluant sa saison internationale, Vetterli se concentre désormais pleinement sur la préparation de l’année à venir. Sa trajectoire est claire : une progression constante et déterminée vers les compétitions les plus difficiles au monde. Pas à pas, elle continue de combler le fossé, un combat, une leçon et une saison à la fois.

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