La catégorie masculine -73 kg a été remportée par Irakli Goginashvili (GBR), mais pas sans un combat acharné. Le judoka britannique était pressenti pour monter sur le podium, et il a tenu ses promesses en décrochant l’or, bien que son parcours ait été semé d’embûches. Chacune de ses cinq confrontations a été une véritable guerre d’attrition, marquée par de nombreuses pénalités, mais il a sans cesse rappelé à tous pourquoi il était le premier tête de série : avec une détermination brute et des éclairs de judo spectaculaire.
La finale a été le test ultime. Face au Suédois Narek Vardanian, Goginashvili a entamé son combat le plus long et le plus éprouvant de la journée. Près de dix minutes d’action incessante se sont déroulées, dont six en « golden score ». Les pénalités se sont accumulées des deux côtés alors que la fatigue se faisait sentir, mais aucun des deux hommes n’a cédé. Les attaques explosives ont continué à pleuvoir, le public retenant son souffle à chaque situation critique.
À la neuvième minute, la tension était insoutenable. Vardanian, contraint à l’extrémité du tatami, a tenté un sasai-tsurikomi-ashi désespéré pour éviter une pénalité fatale. Goginashvili l’a immédiatement lu, répliquant avec un koshi-guruma tonitruant pour sceller la victoire. L’or était à lui, et le soulagement était clairement visible sur son visage.

Après le combat, le jeune Britannique, aux racines géorgiennes et à la fierté familiale bien visible, a partagé son parcours :
« Je m’y attendais, mais je n’arrive toujours pas à y croire. Je sais pourquoi je suis venu, et je l’ai obtenu. Je me sens très bien, très fier. J’ai eu des moments difficiles, surtout contre Tavoletta. J’étais épuisé, mais je me suis ressaisi en demi-finale et même en finale, malgré la fatigue, j’ai gardé ma confiance. Le judo est ma vie. J’ai commencé à deux ans avec mon père, qui est toujours mon entraîneur. Cela fait partie de ma famille, mon père, mon grand-père. Je vis à Londres mais mon sang est géorgien, et je porte les deux avec moi. »
Sa sincérité a révélé à quel point cette médaille d’or comptait pour lui. Après trois précédents championnats d’Europe juniors où il avait à peine réussi une seule victoire, Goginashvili a admis que le plus grand changement était intérieur :
« Avant, je pensais trop à ce que les gens attendaient de moi. Aujourd’hui, je me suis concentré sur moi-même, sur le travail que j’ai accompli. Personne ne sait combien je m’entraîne. C’est ce qui comptait. »
Le système de soutien a également été crucial. Goginashvili a veillé à remercier son père-entraîneur Levon, son club, et ceux qui l’ont soutenu depuis les gradins : Chloe Cowen-Vickers et Simon Moss.
Les médailles de bronze sont revenues à Lucio Tavoletta (ITA), dont l’affrontement précédent avec Goginashvili a failli compromettre la course du champion, et à Peter Jean (FRA). Pendant ce temps, l’Italie continue de dominer le tableau des médailles, affichant déjà trois médailles d’or, deux d’argent et trois de bronze, prouvant leur profondeur dans toutes les catégories.
Podium de la catégorie -73 kg. De gauche à droite : Narek Vardanian (SUE), Irakli Goginashvili (GBR), Lucio Tavoletta (ITA) et Peter Jean (FRA)