Entre le 12 et le 13, la Conférence de Judo, Recherche Applicable en Judo, se tient à Zagreb. Parmi les participants, le chercheur slovène Jožef Šimenko est impatient de s’engager sur une variété de sujets et d’écouter des présentations qui abordent les défis actuels de la recherche et de la pratique du judo.
Le congrès offre une occasion précieuse de rencontrer d’autres chercheurs et professionnels du judo, d’échanger des idées et de discuter des stratégies pour aborder les problèmes émergents dans le sport. Šimenko commence : « Je suis également particulièrement intéressé à soutenir et encourager les jeunes chercheurs, à discuter de leur travail et à les aider à s’intégrer dans la communauté scientifique et professionnelle du judo. »
Quel rôle joue la science dans un sport comme le judo ?
Šimenko : « La science joue un rôle fondamental dans le judo moderne. À un niveau élite, où les marges de performance sont de plus en plus étroites et le calendrier compétitif exceptionnellement dense, le soutien scientifique est indispensable. Des domaines tels que la force et le conditionnement, la science de la récupération, la nutrition, l’analyse de la performance, la psychologie et la réhabilitation sont tous intégrés pour optimiser la performance et le bien-être des athlètes. Les approches basées sur des preuves aident les entraîneurs et les athlètes à prendre des décisions éclairées, à minimiser les risques de blessures et à améliorer le développement et la carrière athlétiques à long terme. »
Quel est votre domaine de recherche personnel ?
Šimenko : « Ma recherche couvre une grande variété de sujets, notamment le coaching, les athlètes d’élite, les sports de combat et les arts martiaux, le judo, la force et le conditionnement, le football, l’entraînement des gardiens de but, la réhabilitation sportive, les tests isocinétiques ainsi que la recherche sur le personnel militaire et policier, le développement des jeunes athlètes, et la numérisation 3D du corps avec des asymétries morphologiques et fonctionnelles. »
Comment la conférence a-t-elle évolué depuis sa première édition, en termes de sujets, de participants ou de portée ?
Šimenko : « La conférence a montré une croissance constante et une professionnalisation croissante au fil des ans. Son organisation cohérente a attiré un nombre croissant de professionnels et d’académiques du judo, ainsi qu’une plus grande cohorte de jeunes chercheurs. Cette tendance est cruciale pour le développement durable de la science du judo, car elle favorise l’échange de connaissances intergénérationnelles et renforce le réseau de recherche mondial dédié à l’avancement du sport. »
Voyez-vous des tendances particulières dans le judo, tant en dehors du tatami qu’au sein du domaine scientifique ?
Šimenko : « Plusieurs tendances notables ont émergé ces dernières années. Il y a un corpus croissant de littérature scientifique abordant la perte de poids rapide, qui demeure une préoccupation majeure, en particulier chez les jeunes judokas. De plus, les changements fréquents dans les règles du judo continuent d’attirer un intérêt de recherche significatif en raison de leurs implications pour la performance et la stratégie. Une autre tendance positive est l’attention croissante accordée au judo adapté, reflétant l’inclusivité croissante du sport et son potentiel en tant qu’outil d’intégration sociale et de réhabilitation physique. »
Quelle a été l’insight la plus surprenante que vous avez vue présentée lors de la conférence au fil des ans ?
Šimenko : « Au fil des ans, la conférence a présenté de nombreuses présentations éclairantes. Parmi les plus notables figurent des études introduisant des méthodologies d’enseignement innovantes pour le développement des compétences techniques, des analyses détaillées des dynamiques de compétition et la création de nouveaux protocoles de test spécifiques au judo. Ces contributions aident à combler le fossé entre la recherche et la pratique appliquée dans le judo. »
Comment équilibrez-vous le côté recherche académique avec les besoins des entraîneurs et des athlètes ?
Šimenko : « Équilibrer la recherche scientifique avec les besoins pratiques des entraîneurs et des athlètes est de plus en plus difficile, surtout compte tenu de l’expansion du calendrier de compétitions de la Fédération Internationale de Judo (IJF) dans toutes les catégories d’âge. Les athlètes passent une quantité considérable de temps à voyager pour des compétitions et des camps d’entraînement, ce qui laisse peu de place pour un suivi scientifique systématique. Pour relever ce défi, il est nécessaire de coordonner les efforts des commissions scientifiques, médicales et d’entraînement de l’Union Européenne de Judo (EJU) et de l’IJF afin de garantir que les connaissances scientifiques soient efficacement traduites dans les contextes d’entraînement et de compétition quotidiens. »
Avez-vous des partenariats avec des universités, des instituts de sport ou des fédérations de judo ?
Šimenko : « Au niveau institutionnel, notre université n’a actuellement pas de partenariats formels spécifiquement dédiés au judo. Cependant, chaque chercheur maintient activement des collaborations internationales avec des collègues de diverses universités et centres de recherche travaillant sur des projets liés au judo. Ainsi, sur le plan de la recherche, Jiita-Kyoe fonctionne bien au sein de la communauté scientifique du judo. De plus, de nombreux chercheurs contribuent aux associations nationales de judo et siègent dans des comités abordant les aspects médicaux, d’entraînement et éducatifs du sport dans leurs pays respectifs. »
Quel conseil donneriez-vous aux jeunes chercheurs qui souhaitent contribuer de manière significative à la recherche appliquée en judo ?
Šimenko : « Mon conseil aux jeunes chercheurs est de persévérer et de rester curieux. Le judo continue d’évoluer, et ses dimensions physiques, psychologiques et socio-économiques offrent d’abondantes opportunités de recherche significative. Il est essentiel que les jeunes chercheurs poursuivent un travail rigoureux et appliqué qui relie science et pratique. En même temps, des organisations telles que l’IJF et l’EJU devraient envisager de créer des opportunités de subventions et des structures de soutien pour les chercheurs en début de carrière, car obtenir un financement aux premières étapes d’une carrière scientifique dans le judo reste particulièrement difficile. »



