À Gdańsk, en Pologne, le circuit Get Together a fait ses débuts avec une nouvelle approche. Représentant le Portugal, l’entraîneur Antonio Costa est arrivé d’Aveiro avec trois de ses athlètes, tous atteints de trisomie 21, prêts à monter sur le tatami pour la première fois lors de cet événement international. Costa a partagé avec nous le chemin qui l’a conduit à ce mouvement et comment cela a influencé sa perspective sur l’entraînement et la vie.
« Je n’ai pas cherché le judo adapté, le judo adapté m’a trouvé, » se souvient Costa. « Mes athlètes font partie d’une institution pour personnes ayant des handicaps intellectuels, et un jour, ils m’ont invité à enseigner le judo là-bas. J’ai dit oui immédiatement, mais en rentrant chez moi, j’ai pensé : ‘Je ne sais pas ce que je fais. C’est fou.’ Pourtant, c’est qui je suis, je dis oui d’abord, et puis je découvre le reste, et je suis heureux de l’avoir fait. »
Ce saut de foi allait changer sa vie.
« Au début, je n’avais pas confiance, mais l’expérience a complètement ouvert mon esprit. Beaucoup de gens pensent qu’il n’est pas possible pour les personnes avec trisomie 21 ou d’autres handicaps de pratiquer le judo, mais ce n’est pas vrai. Ils peuvent réaliser les mêmes techniques que n’importe qui d’autre. Les barrières n’étaient pas en eux ; les barrières étaient en moi, en nous. J’ai dû apprendre à les supprimer. »
Costa est maintenant impliqué dans le judo adapté depuis près d’une décennie. En parallèle de son rôle d’entraîneur et d’administrateur au conseil municipal d’Aveiro, il continue de guider des athlètes ayant des handicaps intellectuels. Lors de sa première participation à un événement Get Together, il a noté :
« C’est enrichissant. C’est merveilleux, » dit-il. « L’organisation ici est très détaillée, différente du Portugal. Au début, je n’aurais jamais imaginé que certains de mes athlètes pourraient concourir, mais avec de la patience, de l’entraînement et de la confiance, j’ai réalisé qu’ils le pouvaient et qu’ils le voulaient. »
Costa a suggéré que son expérience à Gdańsk a suscité l’idée d’organiser un jour un tel événement dans sa ville natale. Pourtant, la leçon reste claire : le judo adapté n’est pas un chemin séparé, mais une partie intégrante du même parcours de judo. Comme Costa l’a réfléchi dans ses dernières remarques :
« Quand nous rêvons, nous créons, et ici à Gdańsk, ce rêve a été validé. Pour moi, c’est comme un rêve devenu réalité de voir mes athlètes sur le tatami, en compétition, souriants et faisant partie de cette famille. »
